C'est déjà pénible de se réveiller avec du "balli ballo" dans la tête au réveil, surtout quand on sait que balli ballo, dans son berceau, bandait déjà comme un taureau, ce bébé dégueulasse. Surtout, ce qui est angoissant, c'est de ne pas savoir choisir ce qui est le plus inquiétant dans cette chanson hanteuse, le côté bébé tout simple (si si, y a des gens que ça peut angoisser, hein !), ou le côté "bébé qui bande". Plus l'image tordue du taureau, enfin bon, c'est épouvantable. Généralement, j'en conclus que je dois être atteinte d'une maladie psychiatrique peut être curable, mais franchement dérangée.
Mais, c'est surtout, la chanson hanteuse continue son périple, et se déguise de jours en jours....
L'autre jour, c'était, tenez-vous bien, parce qu'à nouveau, on tombe dans la spirale de l'inexplicable : la Carmagnole. Voilà. A 7h00 du mat, quand mon cerveau ouvre ses volets et déverrouille ses serrures, il me balance direct dans le conscient la Carmagnole.
Ce qui me fait penser qu'on avait l'air bien bien cons en bonnet phryschtroumpf pendant la fête du bicentenaire.
Et d'ailleurs, cela me fait aussi penser que j'ai réalisé ce matin - en écoutant pour la énième fois l'une des plaidoiries de Desproges dans laquelle il a mis dix phrases (comme à l'accoutumée) pour tomber sur un jeu de mot qui lui fit prononcer "la victoire en chantant" - que je connaissais encore et toujours par coeur le chant du départ. Probablement à cause, à nouveau, de cette palpitante et instructive célébration qui nous a non seulement valu de nous déguiser en sans-culottes (c'est à dire, en paysans), d'apprendre des bourrées et autres quadrilles antiques, et des chants plus révolutionnaires et déffricheurs de têtes les uns que les autres.
Mais sans déconner, 20 ans après (allez, presque, allez), chantonner "le peuple souverain s'avance, tyrans descendez au cercueil, la république nous appelle, sachons vaincre, ou sachons périr". Est-ce bien raisonnable ? Pourquoi, quand on cherche une information super utile, voir vitale (du genre, qui est la meuf actuelle d'Adrian Brody), le genre de truc qui rend dingue, parce qu'on sait qu'on sait, mais que ca ne vient pas, alors que dans le même temps, on est capable de se souvenir d'une chanson âgée de plus de 200 ans, qu'on a apprise 20 ans auparavants, et qu'on a pourtant pas rechanté depuis ? Ca fait peuuuur....
Cela me rappelle également ce spectacle du Professeur Rollin (celui qui a toujours quelque chose à dire), une des FMR sur le thème des marches militaires, pendant lequel le Professeur diffusait quelques passages de ces musiques légères et douces. Quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'appuyant sur play, il fit rugir dans la salle ce morceau, qui sommeillait dans les limbes de mon esprit incohérent, et qui me permit d'entonner joyeusement, à la grande surprise de Mista Lova : "j'aime l'oignon, frit à l'huile, j'aime l'oignon, quand il est boooooon.... j'aime l'oignon, frit à l'huile, j'aime l'oignon, j'aime l'oignooooon... au pas camarade, au pas camarade, au pas au pas au paaaaas !".
Oué. Atterrant. Mais vrai.
En narrant ces péripéties absolument navrantes à Mista Lova, je lui demande si lui aussi a encore de sombres souvenirs de ce bicentenaire. A cette occasion, il m'a trouvé une génialissime chute à cette note :
"Oh tu sais, j'étais super petit... je crois pas qu'ils nous aient fait participer. D'ailleurs, c'était quand, en 88 ?"

Posted at 17:28 by bloganichons
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